On choisit souvent un hébergement web sur son prix. On le regrette sur autre chose : un site qui ralentit sans raison, un support qui répond trois jours plus tard, ou un compte au nom d’une agence qui ne retourne plus vos appels. L’hébergement est la fondation du site. Comme pour une maison, on ne la voit pas, mais tout le reste repose dessus.
Les trois familles d’hébergement web
L’hébergement mutualisé loge des centaines de sites sur la même machine. C’est la formule la moins chère, et elle a les défauts de la colocation : quand un voisin fait la fête, tout l’immeuble l’entend. Vous partagez le processeur, la mémoire et parfois la réputation de l’adresse IP. Pour un site d’entreprise qui reçoit des demandes ou vend en ligne, nous l’évitons.
L’hébergement WordPress infogéré (Kinsta ou WP Engine, par exemple) confie le serveur à l’hébergeur. Il s’occupe des mises à jour du système, des sauvegardes et souvent d’une copie de test du site. Son support connaît WordPress, et il répond souvent jour et nuit. C’est plus cher, et chaque offre a ses limites de visites ou d’espace, mais vous n’avez rien à gérer côté serveur.
Le serveur infonuagique est un serveur virtuel loué chez un grand fournisseur (Amazon Web Services, Google Cloud, DigitalOcean, OVHcloud, par exemple). C’est la formule qui offre le plus de puissance pour le prix, à une condition : quelqu’un doit le configurer, le mettre à jour et le surveiller. Seul, c’est un projet. Avec un prestataire, une question reste entière : qui redémarre le serveur s’il cesse de répondre un dimanche à 3 h du matin? Certains services, comme Cloudways, gèrent ce serveur pour vous, avec un support disponible en tout temps pour la partie serveur.
Sept critères pour choisir un hébergement web
Quelle que soit la famille, voici ce que nous vérifions avant de recommander un hébergeur :
- Le compte et la facture sont à votre nom. Si votre prestataire disparaît, vous gardez la clé de votre propre site.
- Vous savez où sont les serveurs. Pour la vitesse, et pour la Loi 25 (nous y revenons plus bas).
- Le serveur offre une version récente de PHP, le langage de WordPress, et vous pouvez en changer vous-même.
- Les sauvegardes sont stockées hors du serveur. Une sauvegarde rangée sur la machine qu’elle protège disparaît avec elle.
- Une copie de test du site (la préproduction) est possible, pour essayer une mise à jour avant qu’elle touche le vrai site.
- Le support répond, et il sait de quoi il parle. Lisez ce qui est promis noir sur blanc, pas le slogan.
- Le prix de renouvellement est connu. Beaucoup d’offres affichent un prix d’appel valable pour la première période, puis passent au tarif régulier.
La vitesse, elle, se mesure. Le temps que met le serveur à répondre (le TTFB, pour Time to First Byte) dépend directement de l’hébergement. Google conseille de viser 0,8 seconde ou moins. Notre test de vitesse gratuit signale un serveur trop lent à répondre, pour n’importe quelle page.
Où sont vos données : la question de la Loi 25
Votre site recueille des renseignements personnels dès qu’il a un formulaire de contact. Or la Loi 25 encadre leur communication à l’extérieur du Québec : avant, l’entreprise doit faire une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée, qui tient compte notamment de la sensibilité des renseignements et des lois de l’endroit où ils vont (article 17 de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé). Le texte parle de l’extérieur du Québec, pas du Canada : un serveur à Toronto est concerné.
Un serveur au Québec simplifie donc les choses. Les grands fournisseurs en ont : Amazon Web Services et Google Cloud ont chacun une région à Montréal, et OVHcloud exploite un centre de données à Beauharnois. Ce n’est pas une obligation, et un serveur ailleurs peut être le bon choix. Mais ce choix se fait en connaissance de cause, avec l’évaluation qui va avec.
Vous ne savez pas où votre site est hébergé aujourd’hui? Notre détecteur d’hébergement trouve l’hébergeur, le réseau et les serveurs derrière un nom de domaine en quelques secondes. Derrière un réseau comme Cloudflare, il le dit aussi, et c’est alors votre facture d’hébergement qui tranche.
Vos courriels, ailleurs que chez l’hébergeur du site
Beaucoup d’hébergements incluent des boîtes courriel. Nous conseillons de ne pas s’en servir pour l’entreprise. Le jour où le site est piraté, où le serveur sature ou où vous changez d’hébergeur, vos courriels ne devraient pas en payer le prix. Un service dédié comme Google Workspace ou Microsoft 365 garde vos boîtes à l’abri de tout ce qui arrive au site.
Les courriels envoyés par le site lui-même (confirmation de formulaire, commande, réinitialisation de mot de passe) gagnent aussi à passer par un service d’envoi spécialisé, avec une extension SMTP. Nous en parlons dans notre liste des extensions WordPress indispensables.
Le nom de domaine, une affaire à part
Le nom de domaine (votreentreprise.ca) n’est pas l’hébergement. Il s’achète chez un registraire, se renouvelle chaque année ou pour plusieurs années, et c’est lui qui indique au monde où se trouve votre site. Le garder chez un registraire distinct de l’hébergeur, dans un compte à votre nom avec le renouvellement automatique, vous évite deux mauvaises surprises : un domaine expiré parce que la carte de crédit d’un ancien employé ne passait plus, et un déménagement bloqué parce que le domaine dépend de l’hébergeur que vous quittez.
Notre vérificateur de nom de domaine indique le registraire, la date d’expiration et les serveurs de noms d’un domaine. Un bon point de départ pour savoir qui contrôle quoi.
Changer d’hébergeur sans interruption
Certains signes ne trompent pas : des pages qui mettent du temps à répondre même quand elles sont simples, des pannes répétées, une version de PHP que l’hébergeur ne met pas à jour, un support qu’on n’arrive pas à joindre. À ce stade, déménager coûte moins cher que rester.
Un déménagement bien préparé passe inaperçu pour vos visiteurs. Le site est copié sur le nouveau serveur et testé à une adresse temporaire. La durée de vie des enregistrements DNS est réduite quelques jours avant, pour que la bascule se propage vite. Puis le domaine pointe vers le nouveau serveur, le certificat HTTPS est émis, et l’ancien hébergement reste actif quelques jours, le temps de vérifier que rien n’y arrive plus. Si vos courriels sont restés chez l’ancien hébergeur, c’est là que les ennuis commencent : leurs enregistrements doivent être recréés à l’identique, sinon les messages se perdent pendant la transition. Une raison de plus pour les avoir séparés.
Notre façon de faire
Nous ne revendons pas d’hébergement. Nous vous recommandons un hébergeur adapté à votre site et à votre budget, puis nous le configurons. Nous configurons un serveur infonuagique quand vous nous confiez aussi la maintenance du site. Sinon, ou si votre site ne peut pas attendre le lendemain matin en cas de panne, nous vous orientons vers un hébergement infogéré dont le support répond jour et nuit, comme Kinsta, Cloudways ou WP Engine. Un studio à taille humaine n’est pas de garde à 3 h du matin, et nous préférons vous le dire. Le compte et la facture restent à votre nom, comme le nom de domaine : vous pouvez changer de prestataire sans déménager votre site.
Une fois le site en ligne, un serveur se surveille comme le reste. Les mises à jour, les sauvegardes hors du serveur et la surveillance en continu font partie de nos forfaits de maintenance. Et si votre site actuel est lent, l’hébergement est l’une des premières choses que nous regardons lors d’une optimisation de la vitesse.