Pour un site bilingue, la question Polylang ou WPML revient à chaque projet. Notre réponse tient en une phrase : Polylang dans la plupart des cas, WPML quand le projet le demande vraiment. Les deux extensions traduisent bien un site WordPress. La différence se joue ailleurs, dans ce qu’elles coûtent, dans ce qu’elles laissent dans votre base de données et dans la façon dont votre équipe va travailler.
Ce que fait une extension multilingue
WordPress ne connaît qu’une langue. L’extension relie chaque page à sa traduction, ajoute le sélecteur de langue, donne des adresses propres à chaque version (/en/services/, par exemple) et indique à Google quelle version montrer à qui, avec les balises hreflang.
Au Québec, la question ne se pose pas dans le vide. Une entreprise peut offrir son site en anglais si une version française de qualité comparable existe et reste accessible, rappelle Éducaloi. La version française est donc la version de référence, et l’anglaise la suit.
Polylang : léger et proche de WordPress
Polylang range ses traductions avec les outils de WordPress lui-même, les taxonomies (le mécanisme des catégories). Une page anglaise est une page ordinaire, reliée à sa version française. Si vous retirez l’extension un jour, vos pages restent des pages.
La version gratuite, sur le répertoire officiel de WordPress, compte plus de 900 000 installations. Elle traduit les articles, les pages, les médias, les catégories et les menus. Pour un site vitrine simple, elle suffit souvent.
Polylang Pro coûte à partir de 99 € par an et par site, hors taxes. Il ajoute ce qui fait gagner du temps sur un site professionnel : des adresses traduites pour tous les types de contenus, la copie d’une page au moment de la traduire, l’intégration avec ACF (les champs de nos sections), l’export des textes pour un traducteur et la traduction automatique avec DeepL. Pour une boutique, il faut ajouter Polylang for WooCommerce, ou prendre le Business Pack qui réunit les deux.
Notre propre site tourne avec Polylang Pro.
WPML : plus complet, plus lourd
WPML existe depuis plus longtemps et en fait davantage. Il ajoute ses propres tables à la base de données (icl_translations pour relier les traductions, d’autres pour les textes du thème et des extensions). Votre contenu dépend donc un peu plus de lui.
Son offre d’entrée, Multilingual Blog à 39 €, ne traduit ni les menus ni les textes des extensions : elle convient mal à un site d’entreprise. Le forfait utile est Multilingual CMS, à 99 € par an pour trois sites, avec la traduction des textes, la boutique (WooCommerce Multilingual), un éditeur de traduction et un crédit de traduction automatique. Multilingual Agency, à 199 €, couvre un nombre illimité de sites. Pour un groupe qui gère trois sites, le calcul s’inverse donc : une licence WPML coûte le prix d’une seule licence Polylang Pro.
Là où WPML prend l’avantage, c’est la gestion de la traduction. Vous assignez des pages à des traducteurs, vous suivez ce qui est traduit et ce qui ne l’est plus, vous branchez une agence de traduction. Pour une équipe de cinq personnes qui traduit en trois langues, ça change tout. Pour une responsable marketing qui traduit ses pages elle-même, c’est surtout des menus en plus.
On entend aussi que WPML est compatible avec plus d’extensions. C’est vrai, mais l’argument pèse moins qu’il n’y paraît : Polylang lit le fichier de configuration que les extensions préparent pour WPML (wpml-config.xml). Une extension compatible WPML l’est donc souvent avec Polylang. Souvent, pas toujours : nous le vérifions avant de choisir.
Ce que Google doit voir, quelle que soit l’extension
Polylang et WPML produisent les mêmes signaux pour Google, à condition de bien les régler. Chaque langue a ses propres adresses. Le plus simple reste un sous-dossier (/en/) sur le même domaine : un seul site à héberger, un seul certificat, une seule propriété dans la Search Console. Un domaine par langue se justifie rarement pour une PME québécoise.
Chaque page déclare ensuite ses traductions avec les balises hreflang, dans les deux sens : la page française pointe vers l’anglaise, et l’anglaise vers la française. Google ignore les balises qui ne se répondent pas. Notre audit SEO technique gratuit vérifie au passage les balises hreflang d’une page.
Enfin, résistez à la redirection automatique selon la langue du navigateur. Google la déconseille : le robot qui explore votre site ne verrait qu’une version, et le visiteur anglophone qui veut lire en français ne pourrait plus choisir. Un sélecteur de langue visible fait mieux le travail. Écrivez-y « English » et « Français », sans drapeaux : un drapeau désigne un pays, pas une langue, et le drapeau britannique sur un site montréalais fait toujours un peu sourire.
Polylang ou WPML : le tableau
| Polylang | WPML | |
|---|---|---|
| Version gratuite | Oui, suffisante pour un site vitrine simple | Non |
| Prix utile pour un site d’entreprise | Pro, à partir de 99 € par an, par site | CMS, 99 € par an, jusqu’à trois sites |
| Où vont les traductions | Pages ordinaires, reliées par les taxonomies de WordPress | Tables propres à WPML |
| Boutique WooCommerce | Extension à part (Polylang for WooCommerce) | Incluse dans CMS et Agency |
| Traduction automatique | DeepL, avec votre propre clé (Pro) | Crédits inclus, puis payants |
| Travail avec des traducteurs | Export et import de fichiers (Pro) | Rôles, file d’attente, agences de traduction |
Prix relevés sur les sites des éditeurs, en euros et hors taxes. Ils changent : vérifiez avant d’acheter.
Notre recommandation
Nous installons Polylang sur un site vitrine ou un site d’organisme en français et en anglais, traduit par votre équipe ou par nous. C’est la grande majorité de nos projets. L’extension reste discrète, et le site garde une structure WordPress standard.
Nous choisissons WPML dans quatre cas. Plusieurs traducteurs ou une agence de traduction doivent travailler sur le site en même temps. La boutique vend dans plusieurs devises et le projet tire parti de WooCommerce Multilingual. Une extension dont le site ne peut pas se passer n’est compatible qu’avec WPML. Ou le site tourne déjà avec WPML et fonctionne bien.
Changer d’extension multilingue en cours de route est possible. Polylang publie un outil d’import depuis WPML, et WPML documente le chemin inverse. Mais l’outil d’import n’a pas été testé avec les trois dernières versions majeures de WordPress, et chaque site a ses particularités (champs, menus, formulaires, adresses). Ce changement se prépare comme un petit projet, avec une copie de test et une vérification page par page. Nous ne le proposons pas sans raison.
Dans les deux cas, la traduction automatique sert de premier jet. Elle va vite, mais elle ne connaît ni votre vocabulaire ni celui de votre secteur. Quelqu’un relit chaque page avant sa publication.
Ce qui coûte vraiment, c’est la deuxième langue
L’extension, c’est la partie facile. Une deuxième langue, c’est un deuxième site à tenir à jour. Chaque page modifiée en français doit l’être en anglais, sinon les deux versions se décalent et la version anglaise finit par dire autre chose que la française.
Elle se prépare aussi dès la conception. Les textes du thème (boutons, messages, libellés) doivent être traduisibles. Les formulaires et leurs courriels de confirmation existent en deux versions. Les adresses anglaises se décident avant la mise en ligne, pas après. Sur un site construit pour une seule langue, tout ça se rattrape, mais à un prix qu’on aurait pu éviter.
Si vous lancez un site bilingue, choisissez l’extension en dernier. Décidez d’abord qui traduira, et à quel rythme : la réponse désigne presque toujours l’outil. Nous préparons les sites WordPress que nous développons pour deux langues même quand ils démarrent en français seulement : le jour où l’anglais arrive, il ne reste qu’à traduire.