Votre site a quelques années, il vous plaît moins, et quelqu’un a prononcé le mot « refonte ». Avant de signer, une question mérite d’être posée : faut-il vraiment tout refaire? Une refonte de site web coûte du temps, de l’argent et quelques semaines de turbulence dans Google. Souvent, elle est justifiée. Souvent aussi, quelques corrections bien choisies font le même travail pour une fraction du prix.
Quand une refonte de site web s’impose
Le signe le plus fiable ne se voit pas à l’écran. C’est la façon dont le site est construit.
Un site monté avec un constructeur de pages ou un thème acheté, puis modifié dans tous les sens au fil des années, finit par ne plus se laisser faire. Chaque changement en casse un autre. Le site reste lent même après une optimisation sérieuse, parce que la lenteur vient de sa construction elle-même.
Un site qui ne peut plus suivre est aussi un bon candidat. Le thème n’est plus mis à jour par son auteur. Une extension essentielle a été abandonnée. L’hébergeur veut passer à une version récente de PHP, et le site ne la supporte pas. Chaque mois qui passe ajoute un risque de sécurité.
Il y a ensuite les sites dont la structure ne correspond plus à l’entreprise. Vos services ont changé, vous visez une autre clientèle, vous avez ajouté une langue. Si chaque nouvelle page se greffe de travers sur une arborescence pensée pour l’ancienne offre, le site devient un labyrinthe pour vos visiteurs.
Et il y a les sites que personne ne peut modifier. Changer un paragraphe demande un appel à l’agence, ou une heure de bataille avec l’éditeur. Un site que vous n’osez pas toucher est un site qui vieillit plus vite que les autres.
Quand améliorer suffit
La lenteur, d’abord. La plupart des sites lents le sont à cause d’images trop lourdes, de scripts en trop ou d’un hébergement sous-dimensionné. Ça se corrige à la source, sur le site existant, et ça se mesure avant et après : c’est le principe d’une optimisation de la vitesse.
Des pages qui convertissent mal ne demandent pas un nouveau site non plus. Refaire l’accueil, deux pages de services et la page de contact change souvent plus de choses pour vos demandes que de refaire les quarante autres.
L’accessibilité se travaille aussi sur un site existant : contrastes, navigation au clavier, textes alternatifs, titres dans le bon ordre. Même chose pour une nouvelle fonctionnalité, comme une prise de rendez-vous ou un espace client, quand la base est saine.
Un nouveau logo et de nouvelles couleurs, enfin, ne justifient pas à eux seuls une refonte. Sur un thème bien construit, une identité visuelle se change dans les styles, pas en reconstruisant le site.
Le piège : refaire pour changer de décor
La refonte la plus coûteuse est celle qui change l’apparence et garde les problèmes. Même constructeur de pages, mêmes extensions, même structure, avec un nouveau design par-dessus. Le site est plus beau le jour du lancement, et il redevient lent, fragile et difficile à modifier en quelques mois.
C’est refaire la cuisine d’une maison dont le toit coule. Le résultat est agréable à regarder, jusqu’à la prochaine pluie.
Si une refonte se fait, elle doit régler ce qui ne va pas en dessous : un thème construit pour votre contenu, le moins d’extensions possible, des sections que vous modifiez vous-même. Sinon, vous paierez la suivante plus tôt que prévu.
Changer de plateforme, un cas à part
Parfois, ce n’est pas le site qui a fait son temps, c’est la plateforme. Un site monté sur Wix ou Squarespace pour démarrer vite atteint ses limites quand l’entreprise grandit : peu de contrôle sur la vitesse, sur les adresses ou sur ce que voit Google, et des fonctions qui dépendent de ce que la plateforme veut bien offrir. Une boutique qui prend de l’ampleur peut aussi être mieux servie par Shopify que par l’extension qui a suffi au début.
Dans ces cas-là, améliorer n’est pas vraiment une option : on ne corrige pas une plateforme qu’on ne contrôle pas. La refonte se fait alors avec la même méthode, en reprenant le contenu et les adresses qui comptent.
Ce qu’une refonte coûte, au-delà de la facture
Une refonte demande du temps à votre équipe : valider la structure, relire les contenus, tester le nouveau site. Prévoyez-le dans le calendrier, pas en plus de tout le reste.
Elle a aussi un effet sur votre présence dans Google. Quand des adresses changent, Google indique qu’il faut parfois quelques semaines, ou plus, pour qu’il affiche les nouvelles, et que la visibilité peut fluctuer pendant ce temps. Une légère baisse les premières semaines est normale. Ce qui ne l’est pas, c’est de perdre des pages qui amenaient du trafic parce que personne ne les a redirigées. Une refonte bien menée garde les adresses qui marchent et redirige chacune de celles qui changent, et Google recommande de garder ces redirections au moins un an.
Ce que vous pouvez préparer dès maintenant
Quelle que soit la décision, trois choses vous feront gagner du temps, et de l’argent.
Repérez d’abord les pages qui travaillent pour vous. Dans la Search Console de Google, le rapport Performance montre les pages qui reçoivent des visites depuis la recherche. Ce sont celles qu’il ne faut pas perdre en route.
Notez ensuite ce qui vous agace au quotidien. La page que personne n’ose modifier, le formulaire qui reçoit du pourriel, la question que les clients posent au téléphone parce que le site n’y répond pas. Ces irritants disent souvent mieux qu’un audit ce qui doit changer.
Rassemblez enfin vos accès : hébergement, nom de domaine, outils de mesure, comptes des extensions payantes. S’ils sont au nom d’une ancienne agence, c’est le moment de les récupérer, refonte ou pas.
Refaire ou améliorer : trois questions pour trancher
Avant de décider, posez-vous ces trois questions :
- D’où vient le problème? Du contenu, de l’apparence ou des fondations? Seules les fondations justifient vraiment de tout refaire.
- Combien coûterait la correction, comparée à la reconstruction? Si corriger revient à refaire la moitié du site sans en régler les causes, la refonte devient l’option la moins chère.
- Le site pourra-t-il suivre vos trois prochaines années? Si la réponse est non, l’améliorer revient à repousser la décision.
Si vous n’avez pas de réponse nette, faites regarder le site avant de choisir. Un audit de site web mesure la vitesse, l’accessibilité, la sécurité et la façon dont Google le lit, puis classe les corrections par priorité. Et si une nouvelle installation s’impose, nous vous le disons franchement, en vous expliquant pourquoi.